Le gyaru style fashion (également écrit « gal ») désigne une mode japonaise née dans les années 1990 à Shibuya, caractérisée par une esthétique rebelle qui défie les standards de beauté traditionnels japonais. Les gyaru (terme japonais dérivé de l’anglais « gal » pour fille) arborent des cheveux décolorés (blond platine, marron clair, tons cendrés), un bronzage artificiel marqué, des mini-jupes provocantes, des accessoires tape-à-l’œil, un maquillage intense avec faux-cils démesurés et eye-liner graphique, ainsi que des ongles décorés élaborés. Cette esthétique street style japonais regroupe plusieurs sous-styles distincts (kogyaru, ganguro, hime-gyaru, yamamba) qui partagent une même philosophie : revendiquer une féminité exubérante et s’affranchir des normes sociales nippones.
Ce que vous allez découvrir :
- L’origine et la philosophie du mouvement gyaru
- Les codes vestimentaires et esthétiques communs
- Les 5 sous-styles gyaru majeurs avec leurs spécificités
- Comment adopter le style gyaru au quotidien sans caricature
- Erreurs fréquentes et mini FAQ
Origine et évolution de la mode gyaru au Japon
Le gyaru émerge au milieu des années 1990 dans le quartier tokyoïte de Shibuya, quartier emblématique du street style japonais. Ce mouvement naît en réaction directe aux standards de beauté japonais traditionnels : peau blanche immaculée, cheveux noirs raides, maquillage discret, vêtements sobres. Les premières gyaru renversent intentionnellement ces codes en se teignant les cheveux en blond, en bronzant artificiellement leur peau et en adoptant une mode ouvertement sexy inspirée de la culture américaine.
Le terme « gyaru » provient de la prononciation japonaise du mot anglais « gal » (fille), popularisé par la marque de jeans américaine Wrangler dans les années 1970 avec sa campagne « Gals Denim ». Le mouvement gyaru récupère ce terme pour s’identifier comme jeunes femmes modernes et rebelles.
Au fil des décennies, le style gyaru a évolué en multiples sous-cultures (kogyaru, ganguro, mamba, hime, etc.) avant de connaître un déclin relatif dans les années 2010. Néanmoins, l’influence gyaru persiste dans la mode japonaise contemporaine et continue d’inspirer créateurs et fashionistas internationalement, notamment via les réseaux sociaux où les codes s’exportent et se réinterprètent.
Codes vestimentaires du gyaru style fashion
Malgré la diversité des sous-styles, certains codes vestimentaires traversent l’ensemble du mouvement gyaru.
Silhouette et pièces signature
Les mini-jupes constituent la pièce centrale de la garde-robe gyaru : ultra-courtes, souvent plissées, en denim délavé, en cuir ou en tartan. Elles se portent avec des cuissardes ou des chaussettes hautes (loose socks pour le look kogyaru) qui remontent jusqu’au genou, créant intentionnellement une zone de peau nue entre la jupe et les chaussettes.
Les hauts privilégient les crop tops moulants, les t-shirts graphiques avec slogans anglais, les cardigans courts, et les débardeurs à bretelles fines. La marque japonaise d.i.a. et son esthétique sexy-girly incarne parfaitement ce vestiaire. Les robes courtes à volants, rubans et détails kawaii apparaissent surtout dans le sous-style hime-gyaru.
Les chaussures oscillent entre plateforme extrême (compensées de 10-15 cm) et bottines à talons. Les marques japonaises GLAD NEWS et Bubbles produisent ces chaussures iconiques aux semelles massives qui allongent démesurément les jambes.
Accessoires tape-à-l’œil
Le gyaru style fashion se reconnaît à ses accessoires exubérants : gros nœuds dans les cheveux, bandeaux ornés, bijoux dorés surdimensionnés (grosses chaînes, créoles imposantes), sacs décorés de peluches ou ornements kitsch. Les ongles décorés (nail art) atteignent des longueurs et complexités extrêmes : strass, perles, motifs 3D, longueurs démesurées en acrylique.
Les coques de téléphone couvertes de strass et décorations, les porte-clés multiples accrochés aux sacs créent une surcharge visuelle intentionnelle qui contraste avec le minimalisme japonais traditionnel.
Maquillage gyaru : techniques et codes esthétiques
Le maquillage gyaru constitue un art codifié aussi reconnaissable que les vêtements.
Les yeux : élément central
Les faux-cils démesurés représentent la signature absolue du look gyaru. Contrairement au maquillage occidental qui pose des faux-cils discrets, les gyaru superposent plusieurs paires (cils supérieurs ET inférieurs) créant un effet poupée exagéré. Les cils inférieurs, souvent dessinés individuellement avec de l’eye-liner, agrandissent artificiellement l’œil vers le bas.
L’eye-liner noir épais souligne la paupière supérieure et inférieure, souvent prolongé en « cat eye » vers les tempes. Le fard à paupières privilégie les tons neutres (beige, marron, doré) pour le hime-gyaru, ou les couleurs vives pour d’autres sous-styles.
Le teint et le contouring
Le bronzage varie selon les sous-styles : léger à moyen pour kogyaru et hime-gyaru, extrême pour ganguro et yamamba. Ce bronzage artificiel s’obtient via cabines UV ou autobronzants. Le highlighter blanc sous les yeux (technique appelée « shirome » ou œil blanc) crée un contraste dramatique avec la peau bronzée dans les styles ganguro.
Les lèvres restent relativement neutres (gloss nude, rose pâle, beige) pour équilibrer l’intensité des yeux, sauf dans certains sous-styles qui adoptent le rouge vif ou le rose bonbon.
La coiffure gyaru
Les cheveux décolorés en blond platine, marron clair ou blond cendré constituent la norme. Les mèches couleur pastel (rose, lavande) apparaissent dans les versions contemporaines. Les coiffures privilégient le volume maximal : brushing gonflé, extensions, bigoudis chauffants, crêpage. Les boucles volumineuses (ringlet curls) dominent le style hime-gyaru.
Les 5 sous-styles gyaru majeurs
Le mouvement gyaru se décline en multiples sous-cultures aux codes distincts. Voici les cinq principaux.
Kogyaru : le gyaru lycéenne
Le kogyaru (littéralement « petite gal ») représente le sous-style le plus accessible et historiquement le premier. Les kogyaru portent l’uniforme scolaire japonais modifié : jupe plissée raccourcie, chemise blanche portée ouverte sur un crop top, cardigan noué à la taille, loose socks (chaussettes ultra-amples qui tombent en accordéon sur les chevilles), mocassins ou baskets.
Le bronzage reste modéré, les cheveux décolorés en marron ou blond clair, le maquillage visible mais moins extrême que d’autres sous-styles. Ce look incarne la rébellion adolescente contre les règlements scolaires stricts japonais.
Ganguro : le bronzage extrême
Le ganguro (littéralement « visage noir ») pousse le bronzage à l’extrême : peau très foncée obtenue par UV intensifs ou maquillage, cheveux blond platine ou blanc, maquillage inversé avec eye-liner blanc, gloss blanc ou argenté sur les lèvres. Les vêtements privilégient les couleurs fluo (rose, orange, jaune), les plateformes monumentales, les accessoires kitsch.
Ce style controversé critique de façon satirique l’obsession japonaise pour la peau blanche, tout en s’inspirant des cultures afro-américaine et californienne.
Yamamba et Manba : l’extrême du ganguro
Les styles yamamba (ou manba) représentent l’évolution radicale du ganguro. Le bronzage atteint des tons presque noirs, le maquillage blanc dessine des formes graphiques autour des yeux (demi-lunes blanches sous les yeux), les cheveux adoptent des couleurs improbables (rose néon, bleu électrique, vert). Les stickers, strass et décorations faciales complètent le look.
Les vêtements fluorescents, les accessoires hawaïens (colliers de fleurs, coquillages), les peluches accrochées partout créent une esthétique volontairement choquante qui repousse les limites du bon goût conventionnel.
Hime-gyaru : la princesse gyaru
Le hime-gyaru (littéralement « princesse gal ») incarne l’opposé esthétique du ganguro : peau claire (parfois volontairement blanchie), cheveux blonds volumineux en boucles, maquillage rose et doré, vêtements ultra-féminins inspirés du style rococo et de la mode occidentale princière.
Les robes courtes à volants, rubans, dentelles dominent. Les couleurs pastel (rose, lavande, blanc), les imprimés floraux, les accessoires ornés de couronnes, nœuds géants et perles définissent ce style glamour et sophistiqué. Les marques japonaises Liz Lisa et Jesus Diamante incarnent parfaitement ce vestiaire.
Onee-gyaru : le gyaru mature
Le onee-gyaru (littéralement « grande sœur gal ») représente la version adulte et élégante du gyaru, portée par des femmes dans la vingtaine-trentaine. Le style conserve les bases (cheveux décolorés, maquillage intense, mini-jupes) mais les affine : bronzage plus subtil, vêtements de meilleure qualité, accessoires moins kitsch.
Les marques EmiriaWiz et Rady ciblent cette démographie avec des pièces sexy mais sophistiquées : robes moulantes, talons élégants, sacs de créateurs. L’onee-gyaru équilibre provocation et élégance urbaine.
Adopter le gyaru style au quotidien sans effet déguisement
Intégrer des éléments gyaru dans une garde-robe occidentale contemporaine exige de doser judicieusement les codes pour éviter le costume de convention.
Version light accessible
Commencez par un ou deux éléments signature plutôt que l’ensemble complet. Une mini-jupe plissée avec un simple t-shirt blanc et des baskets plateforme évoque le kogyaru sans excès. Des faux-cils prononcés mais pas démesurés, avec un maquillage autrement naturel, capture l’essence du gyaru eye makeup sans l’intensité extrême.
Les accessoires permettent d’ajouter des touches gyaru : gros nœud dans les cheveux lissés, nail art élaboré, sac orné de porte-clés multiples. Ces détails signalent l’influence gyaru sans transformer votre apparence radicalement.
Adapter selon le sous-style
Pour un esprit hime-gyaru occidental, privilégiez les pièces romantiques (chemisiers à volants, jupes à rubans) dans des tons pastel, associées à des compensées modérées et un maquillage rose-doré. Ce style s’intègre facilement dans un registre kawaii occidental.
Pour un esprit kogyaru moderne, portez une jupe plissée courte (version adulte des uniformes scolaires) avec un cardigan oversized, des chaussettes hautes et des Mary Jane plateforme. Le look reste accessible tout en référençant clairement les codes.
Évitez d’adopter le ganguro/yamamba au quotidien hors événements thématiques : le bronzage extrême et le maquillage blanc graphique restent trop spectaculaires pour la vie courante occidentale et risquent l’appropriation culturelle maladroite.
Moderniser les codes
Le gyaru style fashion contemporain s’hybride avec d’autres influences : streetwear, K-fashion, e-girl aesthetics. Vous pouvez porter un crop top gyaru avec un jean mom fit plutôt qu’une mini-jupe, ou combiner des plateformes gyaru avec un look minimaliste monochrome.
Les réseaux sociaux (Instagram, TikTok) regorgent de gyaru modernes qui réinterprètent les codes : bronzage léger plutôt qu’extrême, faux-cils volumétriques mais portables, nail art élaboré mais fonctionnel. Cette version 2.0 conserve l’esprit sans l’intensité originale.
Erreurs fréquentes et comment les éviter
Plusieurs écueils guettent ceux qui s’approprient le gyaru style sans en maîtriser les nuances.
Erreur 1 : Tout mélanger sans cohérence. Porter des éléments de ganguro (bronzage extrême) avec des vêtements hime-gyaru (robes princesses roses) crée une confusion visuelle. Correctif : Choisissez un sous-style et respectez sa cohérence esthétique. Les codes gyaru sont précis et chaque sous-style possède sa logique propre.
Erreur 2 : Négliger le maquillage. Porter des vêtements gyaru avec un maquillage minimal rate l’essentiel du style. Correctif : Le maquillage définit autant le gyaru que les vêtements. Investissez dans des faux-cils de qualité et maîtrisez l’eye-liner dramatique si vous voulez incarner ce style authentiquement.
Erreur 3 : Ignorer les proportions. Porter une mini-jupe gyaru avec des chaussures plates détruit la silhouette caractéristique. Correctif : Les plateformes ou talons compensés allongent les jambes et équilibrent la jupe ultra-courte. Cette proportion exagérée fait partie intégrante du look.
Erreur 4 : Bronzage artificiel mal réalisé. Un autobronzant orange ou irrégulier sabote le look ganguro. Correctif : Si vous adoptez un sous-style bronzé, investissez dans un autobronzant de qualité ou assumez un bronzage UV progressif et uniforme. Le bronzage gyaru doit paraître intentionnel, pas raté.
Erreur 5 : Accessoires cheap qui ruinent l’ensemble. Des faux-cils qui se décollent, des faux ongles mal posés ou un nail art bâclé font amateur. Correctif : Même si l’esthétique gyaru joue sur le kitsch, l’exécution doit rester impeccable. Des accessoires bien réalisés différencient le style assumé du déguisement raté.
Marques et ressources pour le gyaru style fashion
Certaines marques japonaises incarnent historiquement les différents sous-styles gyaru.
Pour le hime-gyaru : Liz Lisa (robes ultra-féminines), Jesus Diamante (pièces luxueuses princesses), Ank Rouge (style romantique accessible). Pour l’onee-gyaru : EmiriaWiz, Rady, Rienda (sophistication sexy adulte). Pour le kogyaru/casual gyaru : d.i.a., Cocolulu, EGOIST.
Les chaussures se trouvent chez GLAD NEWS, Bubbles, YOSUKE (plateformes monumentales typiques). Le maquillage privilégie les marques japonaises Dolly Wink (faux-cils), Canmake, Majolica Majorca et Kate Tokyo.
Les magazines japonais historiques du mouvement (aujourd’hui disparus pour la plupart) incluaient egg (bible du ganguro), Popteen (kogyaru et divers styles), Ageha (onee-gyaru et cabaret style). Leurs archives numériques restent des ressources visuelles précieuses pour comprendre l’évolution du style.
Questions fréquentes sur le gyaru style
Le gyaru existe-t-il encore au Japon ? Le mouvement a décliné dans les années 2010 mais n’a pas disparu. Certaines boutiques et communautés perpétuent le style, surtout l’hime-gyaru et l’onee-gyaru. Les versions extrêmes (ganguro, yamamba) restent très rares.
Faut-il être japonaise pour porter le gyaru ? Non, le style s’est internationalisé via les réseaux sociaux. Des communautés gyaru existent en Amérique, Europe, Asie du Sud-Est. L’appropriation devient problématique seulement si on caricature ou moque la culture japonaise.
Le gyaru est-il un style cher ? Variable selon le sous-style. Le kogyaru peut être économique (customisation d’uniformes), le hime-gyaru devient coûteux (robes élaborées, accessoires luxueux). Les plateformes et le maquillage représentent les investissements principaux.
Peut-on mélanger gyaru et autres styles japonais ? Le gyaru s’hybride parfois avec le décora-kei (accessoires excessifs), le lolita (pour certains aspects hime), ou le street style contemporain. La cohérence visuelle reste importante.
Le bronzage est-il obligatoire ? Non. Seuls ganguro, yamamba et certaines versions kogyaru exigent le bronzage. Le hime-gyaru privilégie la peau claire. Choisissez le sous-style adapté à votre teint naturel ou préférence.
Influence culturelle et héritage du gyaru style fashion
Au-delà de la mode, le mouvement gyaru incarne une rébellion sociale significative. Dans une société japonaise valorisant conformité, discrétion et respect des normes, les gyaru affichaient provocatoirement leur individualité, leur sexualité et leur refus des standards de beauté traditionnels.
Cette sous-culture a influencé la mode japonaise globale en normalisant les cheveux décolorés, le maquillage expressif et une certaine liberté vestimentaire féminine. Elle a ouvert la voie à d’autres mouvements de mode alternatifs japonais et contribué à diversifier les représentations de la beauté féminine au Japon.
Internationalement, le gyaru inspire designers, artistes et influenceurs qui réinterprètent ses codes dans des contextes contemporains. L’esthétique gyaru nourrit notamment la culture e-girl/e-boy occidentale (faux-cils exagérés, maquillage graphique), le mouvement bimbo reclaim (réappropriation assumée d’une féminité excessive), et diverses expressions du street style japonais global. 💕






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